Geogaddi ou l'exploration de l'ineffable

Il y a 20 ans, Boards of Canada sortait Geogaddi. Je me rappelle encore le jour où j'ai découvert cet album. Cette expérience impérissable était semblable à l'ouverture d'un portail, un "dawn chorus" pour l'âme. C'était incomparable avec tout ce que j'avais pu entendre auparavant. En y repensant longuement après, j'ai fini par être convaincue qu’ils paraissaient vraiment trop fous pour être réellement fous. Comme toujours, fidèle à une intuition tenace, je me disais que le bon sens n'est pas toujours le plus évident, encore moins le plus facile, et étonnamment rarement la voie des sillons les plus creusés.


L’étrangeté de cet album tient au dévoilement qu’il opère - un dégagement fulgurant de vérités enfouies - révélant ainsi que ce qui est ineffable prend souvent la forme de l’effroyable et que ce qui nous échappe est souvent le fruit de notre propre incapacité à percevoir.


Leur vision était d'une grande clarté. Cet album mettait d'ores et déjà en lumière ce futur proche qu'est aujourd'hui et laissait entrevoir la poursuite d'un monde où il serait désormais possible de confondre le sens de l'aurore et du crépuscule.


Et si les oreilles permettaient d'ouvrir les yeux en grand ?


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